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Big Boi d'Outkast en solo
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Lundi, 20 Septembre 2010 01:01
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Écrit par Kalenge
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Reportages musique
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Pour sa première échappée en solo, Big Boi d’Outkast délivre un premier album admirable et y invite quelques nouvelles stars de la scène rap d’Atlanta.
Deux ans et demi ont été nécessaire à Big Boi pour confectionner Sir Lucious Left Foot : The Son Of Chico Dusty. Empêtré qu’il était dans des conflits contractuels avec son ancienne maison de disques, Arista. C’est finalement chez Def Jam, label prestigieux dirigé par Antonio Reid que paraît cet opus. Même si la présence de son comparse de toujours André 3000 se cantonne à une apparition par ci et une production par là, son album possède tous les ingrédients qui ont fait d’Outkast un groupe majeur de la scène rap U.S. ayant vendu plus de 20 millions d’albums. C’est-à-dire un hip hop sudiste ingénieux bourrés de milles idées, puisant son originalité dans un savant mélange de genres. Le tout servi par des lyrics largement au-dessus de la moyenne.
De passage à Paris, la moitié ghetto d’Outkast apporte quelques informations sur sa dernière production. À commencer par le titre…
Explique nous ce titre, Sir Lucious Left Foot : The Son of Chico Dusty ? Sir Lucious Left Foot, en gros, c'est moi. C'est un surnom que j'utilise. Juste une version plus mature de Big Boi. Tout le délire à propos de Left Foot vient du fait qu’à chaque fois que je rentre dans une pièce ou que je la quitte, je laisse des empreintes, des traces de funk. Vous pouvez sentir mon passage. C’est une allusion à la musique funk. Et c’est la musique que je fais. Pour finir, Chico Dusty est mon père. Et c’est ma façon de le saluer après son décès qui est survenu lors de l’élaboration de cet album. C’est juste un clin d’œil. C’était un grand homme. Il était pilote dans la Marine. Un vrai dur. Je suis l’ainé de 5 enfants et donc j’ai dû prendre les choses en main.
Comment définis-tu le son de ton album ? Une bombe nucléaire musicale ! C'est comme ça que je le définirais ! C'est du funk mec ! Pur et dur avec des lyrics de folie C’est ainsi que nous faisons de la musique. Et je n'arrête pas de dire "nous" car je me considère comme faisant partie d'une équipe. Et ce n'est pas vraiment différent que quand nous travaillions sur Aquemini ou Stankonia (ndlr : deux excellents albums d’Outkast). Il y a juste un peu plus d'écriture de ma part parce que c'est un projet plus personnel. Je le décrirais vraiment comme une bombe nucléaire musicale
Le public français est-il important pour toi ? Oui bien sûr ! Mon séjour à Paris est déjà une occasion de venir jouer ma musique en France. J’ai prévu de faire une tournée européenne donc, ce n’est qu’une question de temps pour qu’une date française soit programmée (ndlr : Big Boi sera en concert le 5 novembre à l’Èlysée Montmartre). J'aime venir ici. J'apprécie les gens. La scène musicale déchire. Les Français aiment la musique authentique et apprécient gravement le Funk. Et ça, je l'ai senti.
As-tu un titre préféré dans ton album ? Difficile à dire. Pour le moment, je ne sais pas trop. Je l'écoute tellement l'album que ça change tous les jours. Je kiffe l'album dans son intégralité. Titre après titre, en boucle.
Il y a beaucoup de passages chantés dans tes morceaux ? On a l’impression qu’outre le funk, le gospel est également un genre musical que tu affectionnes particulièrement… Quand j’étais enfant, à côté de mon école se trouvait une église où ma grand-mère avait l’habitude de nous y amener. Trois fois le dimanche et une fois le vendredi. En fait, j’ai grandi dans une église. Qu’il y ait des passages chantés vient de mon amour pour les bons chanteurs. Il y a un soupçon de gospel dans mes morceaux. Le gospel et le funk se rejoignent quelque part.
Ah bon… Oui ! Le gospel, comme le funk, est une musique que l'on peut ressentir. Ses paroles ne sont pas banales ; elles sont profondes et font appel à la réflexion. Il y a un travail sur les mélodies. Musicalement, nous n'avons pas de barrières quand il s'agit de la musique. On écoute de tout. De NWA à Kate Bush. Nos goûts musicaux sont si vastes. Tant que ça groove, je kiffe.
Gucci Mane et B.O.B. posent sur Night Night, un titre de ton album. Quel regard poses-tu sur la nouvelle scène hip hop ? Je kiffe. Il y a plein de types de musiques pour tout type de public. Ca dépend de tes préférences. Comme je viens d’Atlanta, les artistes comme Gucci, Wacka Flocka, OJ Da Juiceman… Si t’es à fond dans la scène club d’Atlanta, que tu vas dans les bars de strip comme le Magic City ou le Platinum 21 où les filles nues transpirent et se trémoussent à côté de toi en bougeant les fesses au son des productions rap locales, ça aide à apprécier cette nouvelle scène. Ca crée une ambiance particulière. Tu t’évades. Au niveau des lyrics, André 3000, la Dungeon Family et moi éprouvons une certaine fierté à écrire des choses consistantes mais, en même temps, toutes les chansons n’ont pas à être aussi sérieuses que ça.
Pour quelles raisons ? Parce qu’il y a des chansons faites uniquement pour les clubs. Les gens ont juste envie de s'éclater dessus. C'est un peu ce qui se passe en ce moment. Ca se passe comme ça à Atlanta.
D’ailleurs, dans ton album, à part Jamie Foxx, il n'y a que des artistes d'Atlanta… Depuis un certain temps, les choses bougent à Atlanta. Il y a beaucoup d’artistes : T.I, Ludacris, Young Jeezy, Gucci, Wacka, Outkast, Goodie Mob… La scène est florissante. Tant que les mecs s'évertuent à faire la meilleure musique possible, on restera des meneurs. L'important n'est pas d'où tu viens mais que le son soit au top. Et si la musique déchire, les gens suivront. C'est clair et net. Les gens en ont conscience et reconnaissent la vraie musique qui vient d'Atlanta. Nous avons notre propre identité. Et ça pète. Tant que ça déchire, les gens vont l'écouter.
Quels sont les titres que tu as appréciés dernièrement ? OMG d’Usher est une putain de grosse bombe. C’est une tuerie pour les clubs. A part ce titre d’Usher, j’écoute un peu Rick Ross, du Gucci Mane. Little Dragon aussi que je vous incite vraiment à écouter. Et puis un peu d'Eric Clapton, Bob Marley. David Bowie, Silversun Pickups, J'écoute vraiment beaucoup de musiques différentes, je mets juste mon Ipod en mode aléatoire et j'écoute ce qui tombe. Mais quoi qu'il arrive, le OMG d'Usher est mon putain de morceau du moment.
Quels sont tes projets ? Mes projets ! Prochainement, je vais aider André à terminer son album solo. Il bosse actuellement dessus dans un studio d’Atlanta. On s’est vu dernièrement pour tout mettre en place. À côté de ça, j’ai également quelques artistes que je suis en train de développer et en parallèle, je travaille déjà sur mon prochain album et sur celui d’Outkast. Donc, pour nous, le plus important est de continuer à enregistrer, à rester actifs. Et en fait, durant les périodes où je ne suis pas en promo ou en concert, je suis en studio à Atlanta en train de créer afin de remplir constamment mon coffre-fort de musique.
Propos recueillis par Kalenge
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Mis à jour ( Mercredi, 22 Septembre 2010 11:53 )
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Cyril Cinelu - La vie après la Star Ac’
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Jeudi, 17 Juin 2010 20:26
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Écrit par Kalenge
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Interviews musiques
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En 2006, Cyril Cinélu gagnait la Star Academy 6. 4 ans plus tard, le jeune Martiniquais de 23 ans à la voix de castra revient sur cette période importante de sa vie, sur le flop annoncé de son premier essai, sur sa nouvelle vie à Londres et sur ses projets.
A ta sortie de la Star Academy, pourquoi avoir mis un an pour sortir Jusqu’à moi, ton premier album ? J’étais sous la manipulation - je n'aime pas utiliser ce mot - de la maison de disques qui a voulu attendre la fin de la tournée pour attaquer l’album. La tournée s’est déroulée de février à juillet donc, on a travaillé sur l’album en septembre.
Le duo avec Princess Lover était-il représentatif de cet album ? Ce titre était un clin d’œil aux Antilles mais l’album était censé être soul. J'avais 19 ans et je cherchais un peu mon univers. À la Star Academy, je chantais du rock, de la pop, de l'opéra. Je n’avais pas de registre précis. J’ai donc laissé ma maison de disques me guider.
Il n’y a pas eu de promotion autour de cet album… C’était super difficile de défendre un album avec lequel tu n’es pas vraiment familier. J’apprécie la soul mais pas forcément la chanter. Pour défendre un album, il faut être capable de raconter l’histoire de sa conception, parler de l’écriture des textes, du travail qu’il a eu autour du projet. Moi, je n’avais rien à raconter. J’avais juste interprété les chansons qu’on m’avait données. C’est tout.
C’était super difficile de défendre un album avec lequel tu n’es pas vraiment familier... la maison de disques a fait un mauvais choix artistique
(ci-contre : Cyril Cinelu avec deux admiratrices lors de la Foire de Paris 2010)
Même si la maison de disques a commis des erreurs, ton nom est malheureusement associé au mot bide et au déclin de la Star Academy… Je ne l'ai pas mal pris. Cela m’a fait plutôt rire. On nous impute le déclin d'une émission de télé alors qu’au bout de huit ans, le programme était à bout de souffle et devenait chiant. Malgré tout, je reste tout de même fier de mes prestations. Je n’avais pas cinq ploucs en guise de jury devant moi. Mes prestations étaient très bonnes, mes notes aussi. Je pense sans prétention avoir du talent et que la maison de disques a fait un mauvais choix artistique. On ne peut pas reprocher à un artiste d’être aller au studio pour interpréter les chansons qu’on lui avait donné. En somme, d’avoir fait son travail. De toutes façons, cet album n’a bénéficié d’aucune promotion. Je n'ai pas vu mon clip à la télé. Pour les médias, Jusqu’à moi était un échec avant même son enregistrement. Je sentais un peu le truc. Du coup, j’étais préparé à ce flop.
Malgré ton jeune âge, tu avais déjà une manière d’analyser très mature. Tu n’as pas été déprimé par les 8 000 ventes de ton album ? Non ! Il y a plein d’anciens candidats de la Star Ac’ qui sont tombés en dépression. Ils m’appelaient tous les jours parce qu’ils n’avaient plus de contrat, plus de boulot, plus rien. Ils déprimaient. Pas moi, heureusement ! La maison de disques n’a pas joué le jeu. Elle n’était pas chaude pour travailler sur cet album. Il est sorti en décembre ; en janvier, il n’était déjà plus en rotation dans les radios. À mon premier rendez-vous de travail, les gens de la maison de disques m’avaient dit : « Attention, Cyril, le terrain est miné. Les gens t’attendent au tournant. » Ils devaient se douter que cela ne sentait pas bon sinon, ils m’auraient pas donné la température extérieure.
Ton entourage t’a aidé à prendre du recul par apport à cette mésaventure ? J’ai grandi avec des gens qui n’hésitaient pas à me dire que mes prestations pouvaient être de la merde. Des amis, des membres de ma famille. Ils ne sont pas du genre à te pousser en disant : « Très bien, vas-y fonce ! » Alors quand il t’arrive une telle mésaventure, tu retombes rapidement sur tes pieds… A la Star Ac’, je ne me voyais pas comme gagnant. J’étais issu d’une minorité. Je n'avais pas la démarche d’un gagnant. Je ne me voyais pas en haut de l’affiche ou en train de remplir des stades.

"Les gens du pays m’ont vu faire mes conneries à la Star Ac’mais j’adore me retrouver chez moi devant un plat du pays en écoutant du bon zouk."
Tu as tout de même gagné un contrat d’un million d’euros pour la réalisation de cet album. Pas pour la réalisation de l’album mais dans ma poche. Donc financièrement, ça va pour moi. A l’époque, je laissais parler les gens. Grace au contrat, j’avais la possibilité de rebondir et de m’autoproduire. Je ne suis pas à plaindre même si mon album a été catalogué de flop. Le plus important est surtout que les Martiniquais, les Antillais et même les Africains – j’ai reçu de nombreuses lettres d’Afrique – ont été fiers de mon parcours dans cette émission. Cette expérience m’a fait mûrir. Certes, je ne désire pas revivre certaines choses comme l’enregistrement de mon album de la même façon. Je serais moins tendre. Je saurais dire non et imposer mes idées, ma direction artistique.
Qu’as-tu fait après l’échec de l’album ? J’ai terminé ma licence d’anglais puis je suis parti à Londres, il y a un an. J’y ai rencontré des DJs avec qui je travaille sur des compositions. Il s’agit de titres électro à la David Guetta. J’ai pu y apporter ma touche personnelle. Cela permet de me construire professionnellement. Et en parallèle, je suis prof de français.
Prof de français ? Oui ! Prof de français à mi-temps.
Tu pourrais arrêter de travailler pour te consacrer uniquement à la musique ? Oui ! Toutefois, je ne voulais pas claquer mon argent à droite, à gauche. Je n’avais pas envie de ne plus rien avoir à 25 ans. Je préfère plutôt faire fructifier cet argent, acheter une maison ou deux.
Tu passes maintenant ta vie entre l’Angleterre, la France et les Antilles. Musicalement, ton cœur est également partagé entre ses secteurs géographiques ? Il est vrai qu’on travaille sur des productions house à Londres. Cet été, je prépare une surprise aux Antilles. J’ai envie de me faire plaisir, d’aller sur mon territoire, d’aller chez moi, aux Antilles et d’essayer de mettre ma voix au service des sonorités zouk. Je suis quand même martiniquais et je n’oublie pas d’où je viens. Les gens du pays m’ont vu faire entre guillemets mes conneries à la Star Ac’, délirer sur des musiques françaises et internationales, faire de l’électro à Londres mais il faut qu’ils sachent que j’adore me retrouver chez moi, dans ma famille devant un plat du pays en écoutant du bon zouk.
Interview : Kalenge TAFIAL
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Mis à jour ( Lundi, 28 Juin 2010 15:50 )
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Terii Taputu l'évadé du 5ème élément
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Vendredi, 04 Juin 2010 16:20
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Écrit par Kalenge
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Interviews musiques
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Peu connaissent son nom et pourtant, tous connaissent son visage. En effet, Terii Taputu peut s’enorgueillir d’avoir été vu par des millions de spectateurs dans le monde car le sympathique et jovial chanteur tahitien a figuré au générique du 5ème élément de Luc Besson. Cette popularité lui a permis de promouvoir la culture polynésienne sur la planète entière. Avec 12 albums dont le dernier essai Manu Eo Manatea et quelques DVD à son actif, Terii Taputu et sa troupe le Aloha Tahiti Show ont offert au public de la Foire de Paris un show inoubliable. Et après la traditionnel séance d’autographes et de photo, direction le stand de zouker.com pour un interview fort instructif.
Parle-nous de ton expérience avec Luc Besson ? J'étais très, très content d’avoir fait une apparition dans le 5ème élément. Cela nous a permis d’être connu dans le monde entier. C'était la première fois que des Polynésiens travaillaient avec des stars comme Bruce Willis et Milla Jovovich. Luc Besson était vraiment super. Il venait en Polynésie pour faire des photos sous-marines et l’accueil qu’on lui réservait à l’aéroport de Tahiti l’a sûrement incité à engager une troupe polynésienne pour l’arrivée de Dallas Corben (interprété par Bruce Willis) lors du débarquement de vaisseau de croisière, le Fhloston Paradise. On m’a fait un gros plan et j’ai une minute de chanson dans le film. J’aurais aimé avoir deux ou trois minutes car ce que j’ai touché en droit d’auteur pour une seule minute était incroyable. Il est vrai que cette scène a nécessité cinq jours de tournage à Londres, dans les studios où sont tournés les James Bond. En tout cas, depuis, on m’appelle en Polynésie le 5e Élément.
As-tu parlé à Bruce Willis ? Oui ! Il est très gentil. Par contre, il m’a été impossible de prendre des photos avec lui, sûrement à cause du droit à l’image. Luc Besson lui a également demandé pour moi mais ça n’a pas été possible. Donc, nous avons juste discuté.
Ensuite, tu as fait l’hymne de la Coupe du Monde de Rugby en 1999 ? Tu l’as d’ailleurs interprété lors du match France-Roumanie. J'ai écrit une chanson pour l'équipe de France qui s'appelait Te Reka Cela signifie Victoire. C’est un moment mémorable.
Ta troupe s’appelle Aloha Tahiti Show. Vous avez un mode de fonctionnement assez particulier… Oui ! Nous changeons de personnel chaque année. Nous engageons des jeunes qui ne travaillent pas et qui ne vont plus à l’école en Polynésie. On leur donne l’occasion de voyager. On leur explique qu’en exerçant ce métier, ils ne deviendront pas millionnaires mais seront riches de voyages et de cultures. Au préalable, on en discute avec leurs parents parce qu’en Polynésie, même si tu es majeur, ce sont tes parents qui prennent les décisions.
Les parents accompagnent leurs enfants en France ?
Non ! Nous les voyons en Polynésie pour les contrats d’engagements. Là-bas, il est dur de trouver du travail et je donne à leurs enfants l’opportunité de voyager. Je paye les voyages. Ils sont logés, nourris. Ils découvrent de nombreux pays. Cette année, nous sommes allés en Espagne, Italie. Bientôt Abidjan, le Maroc. Nous avons recruter en mars dix jeunes tahitiens que nous formerons. Nous sommes une sorte d’école du spectacle. Nous avons un très bon chorégraphe, ma femme Lulu s’occupe des costumes et mon fils me seconde. Ma femme, le chorégraphe et moi sommes licenciés du Conservatoire de Polynésie.
Les médias donnent une vision très dure de Tahiti, diamétralement opposée de l’image d’Épinal qu’on se fait de ce pays…
Et c’est justifié. Il y a beaucoup de chômage. Les gens en ont ras-le-bol. En deux ans, nous avons changé quatre fois de Président du territoire. Nous passons pour des rigolos. En plus, l’économie ne va pas bien. Les politiciens ne pensent qu’à eux et pas au peuple. Je ne sais pas comment tout cela va finir. Pour le moment, je me concentre sur la troupe et l’opportunité qui est donné aux jeunes tahitiens de s’évader de cette triste réalité grâce à la musique et la danse… en attendant que les choses s’améliorent.
Le tourisme est également en berne à Tahiti ? Oui, c’est très dur. Les grands hôtels ferment les uns après les autres. Il n’y a plus de tourisme. C’est pour cela qu’à travers notre spectacle et nos CD, nous voulons donner envie aux gens de découvrir les richesses de la Polynésie. Pour cela, nous ne recevons pas d’aide, même pas pour les billets. Nous faisons tout nous-mêmes. Mais je ne baisse pas les bras. Comme les sportifs piroguiers tahitiens, je rame (rires). Mais je suis content.
Deux éléments de la culture polynésienne s’exportent très bien, même si cela ne génère aucun revenu à la région. Il s’agit des tatouages… Pour nous, Tahitiens, le tatouage fait partie de notre identité. Même les filles en ont. A travers nos tatouages, nous exportons notre culture qui est très vaste. La superficie de la Polynésie peut recouvrir toute l’Europe.
A Tahiti, il n'y a plus de tourisme, c'est pour cela qu'à travers notre spectacle et nos CD, nous voulons envie aux gens de découvrir les richesses de la Polynésie.
Les tatouages ont été popularisés dans le monde par les surfeurs…
En effet ! Nous participons d’ailleurs à beaucoup de conventions de surf et des championnats comme la Coupe de France de Surf à Bretignolles. On y a eu beaucoup de succès et nous avons retrouvé notre champion tahitien. En août, nous serons au Championnat du Monde de Surf de Lacanau.
L’autre élément qui semble fédérer de plus en plus d’adeptes est le ukulélé popularisé dernièrement par Julien Doré. Il me semble que de plus en plus de personnalités de la chanson utilisent cet instrument. J’ai vu Paul Mc Cartney en jouer dans un concert sur le titre Yesterday. Il y a une association présidée par Cyril Lefebvre qui est très connue dans le milieu de la musique. Il fait appel à mes services lors de ses concerts.
D’où vient cette petite guitare à quatre cordes ? Il a été inventé par les Portugais puis nous l’avons recréé avec une noix de coco, des branches et des cordes de pêches. Uku signifie Puce et lélé, qui s’envole. Dernièrement, nous étions au Portugal pour une convention sur l’évolution de cet instrument dans différents pays organisée par un Professeur de l’Université de Lisbonne. Nous avons fait une démonstration d’ukulélé. Il y avait un Hawaïen, des Français, des Brésiliens qui ont un haut niveau.
Pour conclure, parle-nous de Manu Eo Manatea, ton dernier CD ? Il a été enregistré à Honolulu, Hawaï lors de notre participation à un festival. On nous avait demandé de représenter la Polynésie. Les Hawaïens produisent une musique très traditionnelle alors que nous, Tahitiens, aimons apporter un peu de modernité avec l’apport de nouveaux instruments. Chaque année, je me rends à Hawaï et un ami d’Honolulu qui est un grand musicien a enregistré Manu Eo Manatea que j’ai produit.
Interview : Kalenge Plus d'infos : http://www.aloha-tahiti.com/
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Mis à jour ( Lundi, 28 Juin 2010 15:04 )
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E.sy Kennenga met le feu
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Mercredi, 16 Juin 2010 20:33
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Écrit par Kalenge
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Interviews musiques
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Pour le premier extrait de son album à venir, E.sy Kennenga a créé l’événement en conviant des anonymes et des personnalités de la musique via facebook à envoyer des vidéos de son refrain. Opération réussie pour le jeune Martiniquais car son titre Nou an lé sa a généré un gros buzz faisant de son auteur l’un des artistes les plus attendus de la rentrée 2010. Toutefois, d’aucuns se posent une question primordiale : « Mais qui est E. Sy Kennenga ? » Nous allons tenter d’y répondre.
Ton parcours musical commence en 2001, n’est-ce pas ? En effet, au sein du groupe One Day. Nous avons sorti un premier album avec des titres comme Bato et Black Massive qui ont bien marché. En 2003 paraissait un second opus boosté par les tubes Mon Ange et Il faut le dire. C’est comme ça que je me suis fait connaître du public caribéen et un peu en Métropole. Notre groupe faisait un peu de tout : zouk, reggae dancehall, ballades, compas… De la musique métissée.
Combien de membres formaient ce groupe ? Six au départ puis cinq. Aujourd’hui, chacun prépare son projet solo. Le mien, je l’ai présenté au public à travers des shows acoustiques live, c’est-à-dire guitare/voix. J’ai fait l’ouverture de Papa Tank puis, il y a un an, des concerts sur Paris. J’ai joué aussi à Bordeaux, Martinique, Guadeloupe. Et dernièrement, j’ai pu faire des grosses premières parties comme celle d’Admiral T à la Cigale et La Perfecta. Maintenant, il est temps que je passe à la prochaine étape, c’est-à-dire la sortie de l’album.
E.sy Kennenga est ton vrai nom ? Non, c’est un pseudonyme. On m’appelle E. Sy depuis le lycée et Kennenga est le nom de ma défunte grand-mère paternelle. C’est une martiniquaise d’origine africaine.
Comment définirais-tu ton style musical ? A la base, j’ai commencé en faisant du reggae dancehall. Désormais, je n’ai pas un style figé mais plutôt influencé par de multiples références. Lorsqu’on habite dans les Caraïbes, on subit des influences musicales venant du monde entier comme le compas, la variété française, la world music… D’autres chanteurs ont également une musique indéfinissable. Je pense notamment à Victor O et Erik. On est dans la phase où il faut créer un nom pour cette musique. Certains l’appellent soul caraïbe ou soul jazz caraïbe, d’autres, reggae pop. Moi, je dirais plus « caribean music », ça reste plus large.
"Lorsqu’on habite dans les Caraïbes, on subit des influences musicales venant du monde entier comme le compas, la variété française, la world music…"

Pour beaucoup, tu restes tout de même proche du dancehall ? Oui car j’ai commencé dans l’univers reggae dancehall. Par conséquent, j’ai un lien étroit avec son public. Cette influence reste toujours perceptible dans ma musique, au niveau des mélodies, du chant et des textes conscients.
Le public a-t-il immédiatement adhéré à ton concept ? Oui ! J’ai eu la chance de me produire devant des publics très divers. Par exemple, la musique de Papa Tank touche plutôt la jeunesse tandis que l’audience de la Perfecta se compose de personnes de la génération de mes parents et de mes grands parents. Lorsque j’ai joué en province, en première partie de Yannis Odua et Straika D, j’avais en face de moi quasiment que des blancs. Et chaque fois, le public a été réceptif. Au pays également mes rares apparitions ont été bien accueillies. Justement, en juillet/août, on prévoit de faire une tournée aux Antilles pour présenter l’album et si possible Guyane. En septembre, nous attaquons la métropole.
L’album est prévu pour quand ? Je n’ai pas encore de date. Ca ne dépend pas de moi. On est dans la phase de mix, mastering, pressage. C’est plus la partie business donc ce n’est pas réellement mon travail mais celui du producteur et du manager. Ils mettent les choses en place. Toutefois, je reste tout de même actif puisque je suis toutes les étapes. Ces phases que les gens ne connaissent pas forcément sont très importantes. Aussi importante que chanter derrière un micro. En tout cas, j’ai fini mon travail. J’ai posé toutes mes guitares et mes voix. Je suis très satisfait du résultat.
Pour les internautes de zouker.com, peux-tu nous donner quelques scoops sur cet album ? Les invités ? Les producteurs ? C’est vraiment une surprise ! J’ai sorti un premier titre exclusivement en téléchargement numérique Nou an lé sa avec un groupe de carnaval nommé Va K Band. Mais pour revenir à l’album et même les tournées, je vous assure qu’il y aura de bonnes surprises.
Tu déclares puiser ton originalité dans de multiples influences musicales mais ne crains-tu pas de voir le grand public se perdre dans cette profusion de styles ? Comme je te l’ai dit précédemment, jusqu’ici, ça c’est bien passé, Le retour des gens est positif. Donc, j’espère qu’ils ne seront pas déroutés par l’album. Mon but est de faire du E. sy Kennenga. A l’écoute d’un jeune artiste, le public a besoin de repères. On a besoin de catégoriser les choses. Mais je n’ai vraiment pas envie d’être figé dans un style. J’ai envie d’être libre musicalement, de pouvoir faire ce que mon cœur me dicte. Je crois sincèrement que les gens se reconnaissent dans ma musique. En tout cas, les afro-caribéens qui ont écouté comme moi les radios antillaises, dansé dans les mêmes soirées que moi… J’ai l’habitude de demander aux gens le style musical de Malavoi. Moi, je ne le connais pas. C’est du Malavoi. Ils ont puisé dans diverses influences pour exprimer leur créolité. C’est ça aussi d’être créole.
Interview : Kalenge TAFIAL
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Mis à jour ( Samedi, 17 Juillet 2010 14:36 )
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