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DJ Wilson a créé l’événement cet été en mettant sur le marché un zouk interprété par… Francis Lalanne. Le DJ/Guadeloupéen revient sur le buzz de l’été…
Ce buzz a enflé sur le net et dans la communauté antillaise jusqu’aux médias français. Ce DJ/producteur nominé en 2008 aux Kora Awards avait déjà fait parler de lui lorsqu’il invita sur un titre les artistes R&B Willy Denzey & Prodyge Crew. Grosses rotations télé, album en pôle position et un Trophée des Arts Afro-Caribéens – catégorie Meilleur Clip. Cet été, DJ Wilson a délivré deux nouveaux projets, la compilation Viens Zouker Vol 2 et son album concept Caribbean Zouk vol 2 avec le fameux titre La vi san vou de Francis Lalanne. Pour zouker.com, il revient sur ce feu qu’il a savamment attisé et qui continue de bruler de ses plus belles flammes.
Es-tu étonné de tout le buzz généré autour de ton premier extrait La Vi San Vou ? Cela ne m’a pas étonné car c’était l’effet voulu. On cherchait le buzz donc nous avons mis en place une stratégie qui a parfaitement fonctionné. Mais, au delà du buzz, nous voulions montrer que d’autres artistes en dehors des Antilles peuvent également chanter du zouk et en créole en plus. C’est en fait un grand hommage donné au zouk par des étrangers.
Annoncer tardivement que le single était interprété par Francis Lalanne faisait partie de ta stratégie ? Oui ! Tout à fait ! Début juin, j’avais balancé le titre à 300 DJs sans mettre le nom de l’interprète. Il y avait inscrit : le tube de l’été, La vi san vou. Le titre a commencé à bien tourner et les gens ont commencé à spéculer. Certains pensaient que c’était un duo Eric Virgal et Orlane qui chantaient. D’autres, Rodrigue Marcel. Beaucoup de noms circulaient dont celui de Harry Diboula. Et c’est fin juin, dans l’émission de DJ Mondésir sur MKM radio que j’ai annoncé le nom du chanteur. Et là, les gens ont été estomaqué. Et j’ai fait diffusé la version avec les noms au début. « Francis Lalanne, DJ Wilson, Caribbean zouk ». La version de l’album.
Cela signifie qu’au moment du tournage du clip, personne n’était au courant de l’implication de Lalanne sur le titre ? Non ! On est venu incognito le 17 juin en Guadeloupe. On a passé 4 jours pour tourner le clip. On voulait faire des discothèques mais on ne pouvait pas car il était important de garder le secret. Ça faisait partie du buzz.
Et le buzz a fonctionné ? Oui ! Grave ! J’ai des messages tous les jours, des interviews tout le temps. Tous les RFO m’ont appelé. Les radios, les télés. J’ai fait le JT de RFO en Guadeloupe et Francis Lalanne le JT de France 3 et France 0. Et plus que tout, les gens ont apprécié la chanson aux Antilles. Parce que des artistes de variété qui font un zouk, il y en a eu. Lorie a fait un zouk et ça n’a pas buzzé. Même Jean-Jacques Goldman en a fait un à sa façon bien sûr ainsi que bien d'autres. Je crois que les gens apprécient Francis Lalanne, sa façon d’être, son personnage. Personne n’aurait jamais pensé qu’il serait venu visiter le zouk et surtout qu’il aurait interprété le titre en créole et français. C’est le premier a l'avoir fait et bien en plus.
Justement, d’où t’es venue cette idée un peu farfelue d’inviter Lalanne sur Caribbean Zouk Volume 2 ? Au départ, je ne pensais même pas à lui. On l’avait contacté pour avoir le numéro de Laurent Voulzy. Il ne l’avait pas mais il m’a demandé la raison pour laquelle je voulais rentrer en contact avec Voulzy. Après lui avoir exposer le projet, il m’a dit que c’était tout à fait dans ses cordes et qu’il était prêt à y participer. Le soir même, j’étais chez lui, il a pris sa guitare et il a chanté un titre qu’il avait écrit pour son fils. La mélodie avait quelque chose de zouk. Quand je lui ai fait la remarque, il m’a répondu « ah bon !!!! ». Une semaine après, on est entré en studio pour faire le titre avec mon ingénieur, Dion Henderson qui est aussi le sien.
Tu as donc coaché Francis Lalanne, comment cela s’est-il passé ? Pour être clair avec toi, j’avais déjà la base musicale de La vi san vou mais il manquait l’interprète. Toutefois, le premier jet ne me convainquait pas complètement. Quand Lalanne était au studio, nous sommes arrivés au résultat que je comptais. Pour revenir à ta question, nous avons dû le coacher. Il ne va pas arriver comme ça et te lâcher un truc en créole. Il fallait qu’il comprenne les codes du zouk. Jusqu’au clip tourné en Guadeloupe. Je l’ai bien évidemment drivé avec mon équipe. Le titre a été composé par Dion Henderson et moi. Au départ, il avait écrit ses paroles en français. Je lui ai dit qu’il fallait mettre un couplet en créole. Alors il m’a répondu : « Autant tout faire en créole. » J’ai dû l’inciter à rajouter quelques paroles en français. Je pense qu’il vivait cette expérience comme un challenge. Et qu’il voulait faire plaisir aux Antillais en ne dénaturant pas le zouk. Il s’est vraiment investi tout au long de sa composition. Le pire est que je n’étais même pas étonné de sa prestation. Je savais à qui j’avais affaire.
Il est étonnant que tu ne sois pas étonné parce que Francis Lalanne n’a jamais montré un amour particulier pour le zouk. On pourrait penser à de l’opportunisme. Car il me semble qu’actuellement ses disques ne se vendent pas. Alors, s’il peut devenir l’artiste zouk de l’été 2010… Il ne faut pas voir les choses comme ça. J’ai lu ça sur le net. Il s’est passé la même chose lorsque j’ai travaillé avec Willy Denzey. Ni Willy, Ni Francis sont des opportunistes. Ils ne font pas cela pour soi-disant relancer leur carrière. Au départ, je voulais un artiste de variété française pour poser sur mon album concept Caribbean Zouk. L’idée n’est pas venue de Francis. Quand Francis m’a donné son accord, j’ai appelé Franky Vincent qui m’a dit : « Vas-y ! Fonce ! C'est du bon pour la communauté » Il était hors de question de composer un zouk spécial parce qu’il était destiné à Francis Lalanne. Du genre formaté que pour la population française. Et sur ça, nous étions tous les deux d’accord. C’est pour cela que ça a bien fonctionné. Pour moi, Francis est un véritable touche à tout. Un vrai artiste qui peut faire du reggae, du rap, de la musique africaine, de la salsa. Il n’a pas peur de s’aventurer en dehors de la variété française. Il s'adapte en fonction de l'univers musicale qu'il doit travailler.

Ce buzz t’a-t-il permis de vendre plus de CDs ? Bien sûr que oui. Mon but n’est pas la gloire mais de travailler pour la communauté. Faire poser Willy Denzey ou Francis Lalanne sur un titre zouk ouvre des portes à cette musique. Par leur biais, on amène d’autres personnes à écouter du zouk et surtout l'acheter. Au lieu de vendre 2 000 albums, on peut arriver à 5 000 minimum grâce au public de Francis Lalanne ou celui de Willy Denzey. Pour le moment, Caribbean Zouk n’est disponible que dans les magasins communautaires (Debs Music à Barbès, Moradisc à Sarcelles et St Denis, Disc Center…), aux Antilles, sur les magasins en ligne et mon site www.wilsoundproductions.com. A partir d’octobre, il sera disponible à la FNAC. Je pense aussi qu’outre le titre avec Francis Lalanne, le tracklisting a séduit un large public. Il est composé de 15 titres inédits interprétés par d’excellents artistes dans des situations peu communes.
Peu communes… Oui ! Par exemple, Tanya St Val chante sur un titre zouk soca un peu à l’ancienne avec Jamadom. On n’a pas l’habitude de l’entendre sur ce type de registre. Pareil pour Harry Diboula avec Little Espion qui fait du reggae /dancehall local. Vincenzo de Psy4 de la Rime pose sur reggaeton. Il y a aussi Perle Lama et LS , Kaysha et Lynnsha, Misié GG et Nesly, Leila Chicot, C-sheyn qui chante pour la première fois du zouk, Kamnouze en featuring avec Nichols, un soca avec Dion Henderson et Nels, Matt Houston sur du R&B zouk. Que des situations inédites ! C’est cela aussi qui a séduit le public.
Tu as donné une suite à Viens zouker Vol 1, compile qui t’avait d’ailleurs permis de recevoir un Trophée de la meilleure compilation et Meilleure vente 2009 ? En effet ! Viens zouker vol 2 est un double CD/DVD. DJ David mixe la partie vidéo ; et moi les tubes du moment (de Tanya St Val à Perle Lama, Njie, Nichols…) En plus, il y a 6 inédits interprétés par des nouveaux talents qui sont Harmony, Mike Lubino, Meguy, Kenny T & Niyah, Norman, Sean Chris et Euridees. Il est important de créer des concepts innovants. Quand tu regardes mon parcours musical, tous mes albums sont différents. Mêmes les albums que j’ai faits pour des artistes solos comme Marvin ou Kenedy en co-prod avec Deejay Slam. Tout est différent. Il n’y a rien qui se ressemble. Il y a la couleur DJ Wilson. Viens Zouker et Caribbean Zouk ne viennent pas déroger à la règle.
Le mot de la fin ? Je remercie le site zouker.com de m'avoir inviter à faire cet interview et je dirai à chaque lecteurs de prendre conscience de la réalité de la crise du disque et de ne pas arrêter d'acheter les albums de vos artistes préférés et d’aller les applaudir quand ils ont des shows car c'est toi, Public, qui nous permet d’exister aujourd’hui. Merci.
Interview : Kalenge TAFIAL Photo DJ Wilson aux TAAC : Ernst St Aubin
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