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SAMUEL PLACIDE - DE L'OMBRE À LA LUMIÈRE
Écrit par JEROME RASAMIMANANA    Mardi, 03 Mai 2011 14:29    PDF Imprimer Envoyer
Infos - Interviews musiques
 

SP-DeboutSorti de l’ombre depuis 2006, Samuel Placide est en passe de devenir une des valeurs sûres de la musique caribéenne. Auteur de tubes zouk comme Les Couleurs de l’amour de Christelle Rosette et Je crie ton nom de Moïz, ce sympathique auteur/compositeur/interprète a imposé dans les hit parades créoles sa définition du zouk-kompa. Et ce, grâce à des titres fédérateurs mêlant critique sociale et humour tels que Krédi sé frè sézi, Famn ka koumandé, Gwo pwel la ka manjé mwen ou Ou ké rentré à pié. L’arrivée sur nos petits écrans de son dernier clip Sa rivé mwen (I pend’ an do mwen) nous offre l’opportunité d’une rencontre avec cet artiste dont le talent est à la hauteur de son humilité. C’est au milieu de ses machines (PC, expandeurs, claviers) que, du haut de son mètre quatre-vingt quatorze, Samuel Placide a eu la gentillesse de répondre aux questions de Zouker.com


Zouker.com : Lors de notre première rencontre à la Foire de Paris en 2010, tu as tenu des propos assez surprenants pour un artiste de zouk-kompa. Alors que la plupart des musiciens parlent avant tout de leur art, toi, ton sujet de prédilection est le business dans la musique et l’importance de l’image, pourquoi ?
Samuel Placide : La communication est importante car, étant donné que j’ai commencé à chanter sur des compiles, les gens ne mettaient pas de visage sur les titres que j’interprétais.  Par exemple, Krédi sé frè sézi a été intégré au tracklisting de la compilation Kompa 100  Limit. Accueil super intéressant, super bon. Les gens ont rapidement adhéré au morceau. Toutefois, ils pensaient que l’interprète était haïtien. Certes, je suis né à St Joseph en Martinique et non, St Joseph en Haïti. (Rires). J’ai également appris que ce titre avait été repris par des  groupes haïtiens aux Etats-Unis. Donc, tout prêtait à confusion.

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Tu souffrais vraiment d’un problème d’image…
Souffrir, le mot est un peu fort.  Je dirais qu’il fallait mettre l’accent sur la communication car je connaissais un manque à ce niveau.  Autre exemple, Gwo pwel la ka manjé mwen. Énorme carton en Guadeloupe, Martinique, Guyane, Europe… Pour certaines personnes, ce titre était chanté par Jean-Luc Guanel, artiste que j’apprécie beaucoup. C’est en allant aux Antilles qu’ils ont su qui était le véritable interprète de cette chanson. C’est pour cela que j’ai mis ces deux titres dans mon album et que j’ai décidé de faire un vrai travail de communication en contactant les médias, les patrons de radio, les DJ’s… Comme je manque cruellement d’expérience dans le domaine de la communication, j’ai fait appel à des professionnels afin d’optimiser au maximum la visibilité de mon travail.

France Antilles TV, un hebdo TV à gros tirage aux Antilles, t’a mis en couverture l’année dernière, cela a-t-il aidé le public à mieux de connaître ?
Ça m'a énormément aidé et surtout cela a permis aux gens d'avoir les infos qu'ils n'avaient pas les années précédentes. Une couverture de France Antilles, ce n'est pas tous les jours que ça seprésente. Et cela a été possible grâce à Mathurin Mayoulika, un grand professionnel du journalisme en Martinique, les hautes instances du magazine et ma conseillère en communication, Alexandra Chérubin-Jeannette. Cette couverture m’a ouvert quelques portes. En tout cas, grâce à elle, je suis désormais identifiable par le public antillais.

Même si ton album est paru l’année dernière, tu n’es pas un novice dans le milieu de la musique…
En effet ! Je n'ai pas composé 10 000 morceaux mais j’ai contribué à l’écriture de quelques tubes zouk.

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2003 a d’ailleurs été une bonne année pour toi ?
Oui très bonne ! J’ai composé la musique de Les Couleurs de l’amour de Christelle Rosette. Gros tube. Peggy Bajal a écrit le texte. L’histoire de Je crie ton nom est un peu singulière. A cette époque, je travaillais mes titres sur Atari. Moïz m’a aidé à passer sur PC. Je n’avais alors aucune connaissance de ce qu’était une carte son ou de comment installer un programme. Un jour, il m’a déclaré vouloir sortir un album. Je lui ai fait écouter une de mes compositions. Il a craqué dessus. Ainsi est né le tube Je crie ton nom qui a permis à Moïz  d’être une grosse vedette du zouk en Afrique.

Ces deux titres étaient destinés à ton album…
Oui, c’est vrai ! Je commençais à travailler sur mon album solo.  Auparavant, j’avais  également composé pour des artistes comme Tina, Hervé Dachard, Peggy, bien sûr, Didier. Pour ce dernier, j’avais composé Ma Destinée, un titre qui a superbement bien marché à La Réunion.  Je n’ai pas fait énormément de choses dans le zouk mais ma maigre contribution à cette musique a attiré un peu l’attention. Il y a des gens qui m’ont permis de réaliser cela, notamment Peggy Bajal et Steve Pierre-Louis, mes premiers producteurs. Nous avons cessé notre collaboration mais ça reste des gens qui m'ont permis d'être là où je suis en partie.

Malgré le succès rencontrés par ces deux titres, tu as attendu sept ans pour sortir ton album, pourquoi ?
Parce que je n’étais pas encore prêt.

A partir de quel moment, tu t’es senti prêt ?
En 2006/2007. Suite au succès rencontré par Gwo pwel…, je me sentais prêt à sortir mon premier essai. Toutefois, avoir un titre qui cartonne sur une compile n’est pas suffisant pour un album. Il fallait d’autres titres qui tiennent la route. J’avais déjà Krédi sé frè sézi et Ou ké rentré à pié (ndlr : 2006). C’était déjà pas mal.  Alors j’ai travaillé dur sur sa réalisation et j’espère que le public éprouvera le même plaisir à l’écouter que j’ai eu à le concevoir…


Texte – Jérôme Rasaminana / Photos – David  & Ernst St Aubin

 


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Mis à jour ( Mardi, 03 Mai 2011 15:06 )
 

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