Rafya & Kenzy - Dancehall Bros
Écrit par Kalenge    Lundi, 04 Octobre 2010 22:19    PDF Imprimer Envoyer
Infos - Reportages musique

Rafya & KenzyAvec quelques tubes à son actif, Rafya et Kenzy est le duo dancehall le plus en vue des Antilles. Après un second opus Show Dem – Non Stop paru  en 2007, les deux frères délivrent Esansyel/Eclektik, un maxi 14 titres peu commun. Rec.

  

 

  

 

  

 

 


Vous avez décidé de lier votre destin musical mais pour ce maxi EP, vous vous exprimez séparément. En effet, Esansyel/Eclektik est composé de 7 titres de  Rafya et 7 titres de Kenzy. Pourquoi ce choix ?
Tout d’abord bonjour et merci pour cette interview. Et bien oui, notre destin est lié car nous sommes frères mais nous n’avons pas envie d’être comme ces duos où l’un ne peut  exister sans l’autre ou chanter sur scène sans l’autre. C’est un binôme dans lequel chaque entité a sa particularité, ses goûts, ses envies et son jardin secret, qui pour le coup s’exprime sous forme d’un mini opus de 7titres.

Chipotons un peu ! En 2008 sortait votre opus Show Dem Non Stop composé de 18  titres. Alors qu'on pourrait très bien percevoir Esansyel/Eclektik comme votre second album car il contient 14 morceaux. Et pourtant, il est  défini comme un double maxi.  Pourquoi ? Quel est le concept de ce CD ?
Nous dirons que le choix de ce format s’est imposé de lui-même. A travers ce « double maxi », nous avons réellement voulu offrir un projet « atypique » à notre public. Nous collaborons ensemble depuis maintenant près de 5 ans et nous avons ressenti le besoin de mettre en avant l’univers qui nous était propre tout en souhaitant réaliser une sortie commune…Rafya & Kenzy reste toujours Rafya & Kenzy…Afin de répondre à cette problématique, nous avons donc pensé au format « double maxi ».

Cette formule est-elle un pas vers vos albums solos ?
Non, nous n’avons pas d’envie d’album solo. En réalité, nous sommes vraiment proches et si l’un d’entre nous tentait l’aventure du solo, il s’en référait toujours à l’autre afin de valider implicitement ses choix. Lol. Donc cela reviendrait au même.

Cet opus se démarque par une production acoustique. On est à mille lieues de votre succès Come Back. Comment expliquez-vous cette évolution artistique ?
Nous vivons pleinement les courants musicaux et nos envies. Au moment de  Come Back, nous étions dans une période de renouveau du dancehall underground.  Tout le monde bouillonnait, il y avait des sound-systems partout. Une espèce de rage et de compétition saine emplissait l’atmosphère. L’instrumentale est arrivée à point nommé. On a juste mis cette excitation sur papier. Aujourd’hui, nous avons mûri et il n’en reste pas moins que bien qu’étant frères, nous avons des goûts musicaux différents mais qui tendent toujours vers l’éclectisme. Et au-delà de tout cela, nous faisons toujours ce que nous aimons. On se fait plaisir avant tout. C’est pourquoi le double maxi a cette saveur acoustique. Mais la rage des débuts est toujours intacte et prête à jaillir. Lol.

Kenzy-Rafya

Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencés ?
La liste est longue, mais nous dirons que nous avons forgé notre style et notre identité musicale en tentant de faire un mélange de la vibe des jamaïcains et du phrasé du rap français. Donc pour les citer, on dira Sizzla, Jah Mason, Capleton, Vybz kartel, associés à Lunatic, NTM, IAM, Ärsenik. Cela fait vraiment un tout.

Pourquoi avoir convié  Ezy Kennenga et Missiè Sadik sur votre double maxi ?
A la base, nous voulions faire deux fois sept titres avec que des morceaux en solo. Et puis l’on s’est dit que quitte à se faire plaisir autant y aller à fond. Nous avons donc invité des artistes coup de cœur. Rafya avait ce featuring en suspens depuis pas mal de temps et il était très compliqué de faire coïncider les deux emplois du temps. Kenzy, quant à lui, a commencé à écrire ce morceau  Frè é Sè et a fait la rencontre de E.Sy quelques temps plus tard. Ce fut le déclic, il lui fallait inviter ce dernier sur son maxi parce que le courant était vraiment bien passé et puis le thème et les origines de E.sy s’y prêtaient à merveille.

Votre méga tube Nou Ka Pran Pié là était interprété avec Admiral T dont vous êtes proche. Pourquoi n'intervient-il pas dans ce nouveau projet ?
Oui, nous avons gardé un très bon contact avec Admiral. Quand nous nous rencontrons, nous parlons un peu de musique et beaucoup d’autres choses. Quand nous nous sommes lancés dans l’aventure des maxis, nous n’avions pas l’envie de faire de collaborations. Et puis elles se sont imposées d’elles-mêmes. Ce n’était pas calculé. Nous retravaillerons sans aucun doute sur d’autres projets.

WEB_0668Qui sont les concepteurs musicaux de ce projet ?
Les concepteurs musicaux, que l’on ne cessera de remercier pour leur talent, leur professionnalisme et leur sérieux sont les suivants :  Phantom X, Mister Leo, Beatheaven, Nogar, Skyman , Med Shyze.  Certains travaillent avec nous depuis un bon bout de temps et d’autres sont des issus de rencontres fortuites. Nous essayons autant que possible de rencontrer des compositeurs nouveaux. Cela permet d’élargir les sonorités et de s’offrir le luxe du choix.

Il y a quelque temps disparaissait Patrick Saint-Eloi, que représentait-il pour vous ?

PSE ? Un Monument de la musique antillaise… Quel que soit le style musical, nous avons une réelle affinité pour les belles sonorités et pour les chansons à texte. Patrick Saint Eloi rassemblait tout cela dans sa musique. Il était l’un des derniers à faire le zouk qui nous plait (même si on ne peut pas le limiter à un chanteur de « zouk », c’était bien plus que cela). Sa disparition nous a beaucoup affecté et avec lui, la musique guadeloupéenne et antillaise en général perd l’un de ses plus grands représentants.  Il va nous manquer…

Dans le CD, il y a qu'un titre en français intitulé Idylle. Il y est question d'un amour impossible entre un Martiniquais et une Arabe. Rafya, peux-tu  nous expliquer ce qui a motivé l'écriture de cette chanson ?
Idylle m’a été inspiré d’un reportage que j’ai vu un soir à la tv (et oui, l’inspiration vient  de partout). Dans ce reportage, il était question de la vie en cité et notamment des différentes cultures que l’on pouvait y trouver.  Dans un des passages, il y avait une interview des jeunes de ce quartier et on leur demandait comment ils appréhendaient leur vie sentimentale…et là, le journaliste s’est rendu compte que par défaut, chacun se retournait vers quelqu’un ou « quelqu’une » de même origine par peur des commentaires mais surtout du jugement de sa famille. Le lendemain, j’écrivais Idylle…

Dans Pou Ayen que vous avez d'ailleurs clipper, Rafya aborde le thème de la délinquance. Dans votre bio, il est écrit qu'il existe en Guadeloupe des rivalités portant sur des couleurs de gang. La réalité de la violence sur votre île est-elle similaire à celle des ghettos de Los Angeles ?
Je ne sais pas si elle est similaire mais elle existe...Nous avons très souvent été influencé par ce qui pouvait provenir des Etats-Unis…Dans le bon comme le moins bon…Il y a toujours eu des rivalités entre quartiers chauds, ce n’est pas nouveau. La différence aujourd’hui est qu’à travers une couleur, on sait tout de suite d’où tu viens et donc les risques d’affrontement ou de règlement de compte sont augmentés. En ce qui nous concerne, on ne cessera pas de dire ce que l’on voit et ce que l’on pense, surtout quand cette violence a déjà coûté la vie à certains de nos proches…Si un titre comme Pou ayen peut faire réfléchir ne serait-ce que l’un d’entre eux…C’est déjà ça !

Cela fait un moment que vous êtes dans la place, pouvez-vous citer quelques jeunes talents du dancehall antillais à surveiller de près ?
La scène musicale antillaise est en pleine ébullition. De grands talents sont en pleine émergence.  Il y a un nom qui selon nous est révélateur de potentiel musical indéniable :  Swé . Cette jeune chanteuse est douée. Elle a des textes touchants et est dotée d’un humanisme qui se ressent dans ses œuvres. Ceci dit,  on a surtout croisé des jeunes compositeurs ayant un don certain. On constate une vague créative à ce niveau, davantage que de chanteurs.

Interview : Kalenge TAFIAL

 

 

 

 

 

 

Share
Mis à jour ( Jeudi, 21 Octobre 2010 05:13 )
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

LE SITE



Realisation : 3mic.com

Nos Partenaires :

Concept paradise
Les TAAC
La FAAC
Infosbar
Moxity